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Budget de la sécurité sociale : retour sur une bataille parlementaire inédite

Le 16 décembre, l’Assemblée nationale a adopté définitivement le budget de la Sécurité sociale pour 2026. Pendant des semaines, les Socialistes se sont battus, pied à pied, pour rendre ce budget plus juste et nous sommes parvenus à effacer les mesures brutales que le Gouvernement voulait imposer au Français·es, aux services publics, à l’hôpital. Dans un moment où il n’existe aucune majorité, cette victoire est une victoire du Parlement et de celles et ceux qui ont travaillé à trouver un chemin pour faire avancer le pays. Nous avions entamé les débats budgétaires avec un objectif simple, clair et constant : épargner les classes populaires et moyennes des efforts prévus par le Gouvernement en faisant contribuer les grandes fortunes et le monde de la finance. Les organisations syndicales décrivaient ce budget comme un « musée des horreurs » : il mettait à contribution de manière injuste les malades, les chômeurs, les retraités et les apprentis ! Nous avons nettoyé le budget de la sécurité sociale (PLFSS) : pendant un mois, nous n’avons rien lâché en commission et dans l’hémicycle afin de faire reculer le Gouvernement et de défendre le pouvoir d’achat des Français·es. Nous avons arraché des avancées grâce à notre stratégie de rapport de force parlementaire. Il n’y a aujourd’hui plus d’effort demandé aux classes populaires et moyennes dans le budget de la Sécurité sociale : pas de suppression de jours fériés, pas de nouvelle réforme de l’assurance-chômage, pas de gel des prestations sociales ou des pensions, pas de hausse du reste à charge des patients, ni de remise en cause des droits des apprentis ou des personnes atteintes d’affections de longue durée.


L’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (ONDAM) pour 2026 a été significativement relevé. Initialement prévu à +1,6 %, il atteindra finalement +3,1 %, grâce à plusieurs amendements, permettant notamment de renforcer les moyens de l’hôpital, des maisons France Santé, des établissements ultramarins et des EHPAD en difficulté.

Contrairement à certaines affirmations, les dépenses de santé augmentent bien en 2026 : elles passeront de 266,18 milliards d’euros en 2025 à 274,3 milliards d’euros, soit une hausse de 8,1 milliards d’euros. Parler de baisse relève d’une comparaison théorique avec un « rythme naturel » qui n’a jamais existé dans les faits.


Le PLFSS pour 2026 contient désormais plusieurs avancées que nous avons soutenues : la suspension de la réforme des retraites permettant à l’ensemble des assurés des générations 1965 à 1968 de partir 3 à 6 mois plus tôt à la retraite, la création d’un congé de naissance, l’amélioration des pensions des femmes ayant eu des enfants, le renforcement du recouvrement des pensions alimentaires ou encore la poursuite de l’expérimentation des Haltes Soins Addictions.


Ces mesures sont financées par de nouvelles recettes, notamment une hausse de la CSG sur les revenus de l’épargne financière, remettant en cause la flat tax, tout en préservant les livrets populaires. Le Gouvernement s’est également engagé à réduire les allègements généraux de cotisations sociales et à compenser intégralement certaines exonérations ciblées.


Aucune famille ne verra ses allocations familiales baisser en 2026. La suppression envisagée de la majoration pour les enfants de 14 à 18 ans ne concernerait, le cas échéant, que les nouvelles familles entrant dans le dispositif.


Concernant les mutuelles, une taxe sur les complémentaires santé est créée afin de financer la Sécurité sociale. Les craintes de répercussion sur les tarifs sont infondées : les prix pour 2026 sont déjà fixés et un mécanisme de négociation obligatoire a été prévu pour empêcher toute hausse liée à cette taxe.


Sur les affections de longue durée, le texte mise sur la prévention, avec la création de parcours d’accompagnement incluant suivi psychologique, éducation thérapeutique et bilans de santé, sans aucun déremboursement pour les patients. De même, l’encadrement des arrêts de travail garantit un suivi médical tout en laissant une pleine liberté d’appréciation aux médecins.


Le rejet du PLFSS aurait entraîné un retard majeur, aggravant le déficit de la Sécurité sociale, augmentant fortement le besoin d’emprunt et fragilisant les hôpitaux faute de revalorisation des tarifs et d’investissements.


Ce budget n’est ni celui du Gouvernement initial, ni celui que nous aurions élaboré seuls, mais le fruit d’un rapport de force ayant permis d’éviter des reculs majeurs et d’obtenir des avancées concrètes. Dans une assemblée sans majorité, j’ai choisi d’être un opposant utile, qui protège nos concitoyens ici et maintenant.


Il est important de préciser que si un ou une Premier.e ministre de gauche avait été nommé.e, ce que nous avons longuement réclamé et qui aurait été la logique de nos institutions quand le Nouveau Front Populaire est arrivé en tête des dernières élections, nous aurions été confrontés à la même arithmétique parlementaire. Il nous aurait fallu négocier avec les autres forces politiques pour trouver des compromis texte par texte. C’est ce que nous disions dès l’été 2024, avec Lucie Castets et l’ensemble des chef·fes de parti du NFP. Nous y étions prêts, nous n’avons pas varié.

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