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Projet de loi d'orientation agricole · L'heure des auditions

Dans le cadre de l'examen en commission puis en séance du projet de loi du Gouvernement et dans un contexte de profonde crise du monde agricole, plusieurs auditions ont lieu à l'Assemblée nationale. J'ai pu interroger le MODEF le 9 avril dernier.



Merci Monsieur le Président,

 

Merci pour vos observations sur le projet de loi d’orientation en agriculture et plus largement sur la situation du monde agricole. 

 

Vous alertez depuis le début, sur l’absence de mesures, dans le texte, en faveur d’un revenu agricole digne, condition indispensable à la reconnaissance du métier et au renouvellement des générations. Ce qui était prétendument l’objectif du projet de loi.

 

Ce texte ne se donne en effet ni les moyens de fournir des outils aux agriculteurs, je pense surtout à leur premier outil de travail qu’est la terre agricole ; ni l’ambition d’agir sur l’attractivité du métier et le maintien des agriculteurs déjà en place.

 

Il faut en effet rappeler que chaque année des milliers d’agriculteurs abandonnent leur activité face aux conditions trop difficiles d’exercice de leur métier. Un tiers des agriculteurs qui quittent le métier ont moins de 55 ans. Je pense à la rémunération trop faible de leur travail, aux difficultés liées au dérèglement climatique, aux taches administratives, mais aussi aux normes sanitaires exceptionnelles qui leur sont parfois imposées sans concertation. J’ai pu constater, par exemple, la détresse de plusieurs éleveurs dans ma circonscription face à la gestion de l’influenza aviaire ou de la tuberculose bovine par les pouvoirs publics qui ordonnent trop rapidement les abattages totaux de cheptel.  Il faut se rendre compte que ce sont des années de sélection et de constitution de troupeaux qui sont anéanties. Il faut aussi rappeler que la plupart des éleveurs portent des demandes raisonnables et sécuritaires pour contenir les épidémies pour une raison simple : ils sont en première ligne si les maladies se propagent.

 

Si notre système peut tenir c’est parce l’agriculture est un métier de passion. Mais il n’est pas concevable de ne se reposer que sur l’abnégation de nos agriculteurs. A l’approche d’une nouvelle loi d’orientation il faut répondre efficacement aux graves difficultés rencontrées par les femmes et les hommes qui nous nourrissent et à l’énorme défi du renouvellement des générations. Les deux étant étroitement liées puisque le traumatisme de voir ses parents se sacrifier au travail aujourd’hui, c’est parfois ne plus vouloir reprendre la ferme familiale demain.

 

Ce projet de loi aurait dû permettre de répondre au malaise agricole par des mesures concrètes et demandées depuis longtemps par le monde paysan. Partant de ce constat, selon vous, quelle mesure doit être portée prioritairement dans un tel texte pour sauvegarder les petites exploitations agricoles qui maillent nos territoires ? 

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